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Dépression saisonnière: glucides et poisson au menu

Si vous avez des rages de sucre, particulièrement en fin de journée et en soirée, depuis que le mois de novembre s’est incrusté dans notre quotidien avec ses heures de clarté réduites, c’est peut-être que votre organisme cherche à compenser la baisse de sérotonine du cerveau. Une telle baisse est généralement observée durant l’automne et l’hiver chez certaines personnes.

Cette baisse de sérotonine serait associée à la diminution de la luminosité qui survient durant ces deux saisons et causerait ainsi la dépression saisonnière. La sérotonine est un messager chimique transmis par le cerveau pour assurer la bonne humeur et procurer un bon sommeil.

Glucides, poisson et acide folique

Une petite étude parue en 2006 a démontré qu’une boisson riche en glucides, prise deux fois par jour, avait éliminé les symptômes de dépression saisonnière chez les sujets et permettait d’éviter les grosses rages d’aliments sucrés associés à l’humeur maussade. La consommation de glucides de toutes sources, associée à peu de protéines en même temps, favoriserait une meilleure production de sérotonine, mais pour avoir plus d’effet, il serait préférable de privilégier les glucides à digestion lente provenant du pain, des pâtes, des céréales, du riz, etc., plutôt que des glucides à digestion rapide provenant des bonbons, des biscuits, du chocolat, des gâteaux. Ces glucides sont beaucoup moins nutritifs et leur effet est de courte durée.

Donc, pour contribuer à la réduction des symptômes de la dépression saisonnière, une approche équilibrée serait de se concentrer sur les protéines au petit-déjeuner et au repas du midi, et à mesure que la clarté baisse ainsi que la sérotonine, privilégier les glucides. En effet, il semble plus logique de favoriser la production de sérotonine en soirée puisque, en général, nous sommes moins actifs le soir et la sérotonine a un effet calmant.

Voici donc, dans ce contexte de lutte à la déprime saisonnière, des exemples d’aliments à prendre en considération :

Au petit-déjeuner : des œufs, du lait, du yogourt, du fromage, du beurre d’arachide (avec une portion minimale de pain et substituts).

Au dîner : du poisson, du poulet, de la viande maigre (avec une portion minimale de pain et substituts).

Au souper : des pâtes, des pommes de terre, des céréales ou du riz.

Je vois déjà des amateurs de pâtes et de pommes de terre esquisser un sourire de contentement et se sentir, du coup, moins déprimés! Les légumineuses, riches en glucides, seraient aussi un excellent choix au souper, par exemple une sauce aux lentilles sur des pâtes. Les légumes peuvent aussi être consommés en abondance, d’autant plus qu’ils contiennent le précieux acide folique, nécessaire au maintien de bons taux de sérotonine.

N’hésitez pas à inclure le poisson au repas du midi, de deux à trois fois par semaine, car tout porte à croire que la raison de l’incidence moins élevée de dépression saisonnière chez les Islandais, par comparaison aux autres peuples nordiques, serait leur plus forte consommation de poissons et de fruits de mer.

Faire de l’exercice

Mais, bien que les glucides doivent être privilégiés, ils pourraient provoquer une prise de poids s’ils sont consommés en excès.

C’est ici qu’intervient l’autre truc pour réduire les symptômes de la dépression saisonnière et qui ne risquera pas de vous faire prendre du poids, au contraire : faire de l’exercice. En effet, faire 30 minutes d’exercice par jour, de modéré à intense, par exemple une bonne marche, peut vous aider à diminuer les symptômes de la dépression saisonnière. De plus, si vous pouvez pratiquer votre activité physique à l’extérieur, ce sera encore mieux, car vous aurez la chance de profiter des rayons du soleil, si ce dernier est au rendez-vous!

Luminothérapie

Bien sûr, pour les cas plus lourds, il y a les lampes de luminothérapie qui sont reconnues comme très efficaces pour atténuer les symptômes de la dépression saisonnière.

Il est possible de modifier la chimie de son cerveau en fonction de ce que l’on mange, jusqu’à une certaine limite toutefois. Bien entendu, l’alimentation ne peut pas remplacer un antidépresseur, mais elle peut compléter son effet thérapeutique, sans risquer de se tromper. J’espère que le lien entre ce que l’on mange et notre humeur du moment sera bientôt plus étudié, car je crois qu’il y a là une clé très importante, bien que sous-estimée, pour en arriver à la belle harmonie d’un esprit sain en tout temps dans un corps en santé.

Publié originellement pour PasseportSanté

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